https://doi.org/10.25547/VMAR-VH20
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Cette observation a été rédigée par Brittany Amell, avec des remerciements particuliers à Jessica Dallaire-Clark, partenaire d’INKE (coordinatrice principale, Développement du libre accès, Érudit), pour avoir révisé une version antérieure et fourni des commentaires.
Traduit par Olga Ziminova (MA), Electronic Textual Cultures Lab (ETCL).
En un coup d’œil
| Titre | Récapitulatif du 2e Sommet mondial sur le libre accès aux diamants, 2024 |
| Créateur | Université du Cap, participants de 73 pays, PKP, Érudit |
| Période / Date | du 11 au 13 décembre 2024 |
| Mots-clés | open science / science ouverte, open social scholarship / approches sociales des savoirs ouverts, open access / libre accès, diamond open access / le libre accès diamant, credibility / crédibilité, events and gatherings / événements et rassemblements |
Résumé
Ce rapport présente un bref résumé du 2e Sommet mondial sur le libre accès diamant, qui s’est tenu du 11 au 13 décembre 2024 à l’Université du Cap. Le sommet a réuni 1 171 participants (546 en personne, 625 en ligne) provenant de 73 pays, avec une représentation notable des pays du Sud et des nations africaines. Les sessions se sont déroulées en plusieurs langues, notamment en anglais, français, portugais, espagnol et swahili. La déclaration de Toluca-Le Cap sur le libre accès diamant, présentée lors du sommet, est également incluse, tout comme les points essentiels à retenir du sommet, répertoriés dans un rapport publié par les organisateurs après le sommet.
Récapitulatif du 2e Sommet mondial sur le libre accès diamant
Le 2e Sommet mondial sur le libre accès diamant, qui s’est tenu du 11 au 13 décembre 2024 à l’Université du Cap, a réuni une communauté internationale diversifiée de chercheurs, d’éditeurs, de décideurs politiques et de défenseurs afin de promouvoir les principes et les pratiques d’une publication en libre accès équitable et dirigée par la communauté. Ce sommet était l’événement phare d’une semaine de rencontres coordonnées, comprenant la conférence « Open Science in the South » (La science ouverte dans le Sud) et des ateliers spécialisés sur la publication en libre accès et les monographies en libre accès.
Selon le rapport publié après le sommet par les organisateurs, le nombre total de participants (en présentiel et en ligne) s’élevait à 1 171. Cela comprenait 546 participants en présentiel et 625 inscriptions en ligne. Les langues représentées étaient l’anglais (421 délégués), le français (71 délégués), le portugais (19 délégués), l’espagnol (31 délégués) et le swahili (3 délégués).
En termes de pays représentés, 73 pays au total étaient présents. Parmi eux, 36 étaient des pays africains et 41 étaient considérés comme des pays du Sud.
La conférence s’est ouverte par une série de messages provenant de représentants de chaque continent, soulignant la pertinence universelle de Diamond OA et l’ambition commune d’un système de communication scientifique juste et inclusif. Le discours liminaire de la professeure Linda Tuhiwai Smith a mis l’accent sur l’impératif décolonial dans l’édition universitaire et le rôle essentiel de l’appropriation communautaire et des connaissances autochtones.
Les thèmes de la décolonisation, de l’inclusivité et du bien public ont été omniprésents tout au long de l’événement. Par exemple, lors des sessions 2, 3 et 4, des intervenants venus d’Afrique du Sud, de Colombie, de Norvège, d’Inde et d’ailleurs ont examiné comment le libre accès diamant peut faire progresser la justice sociale en supprimant les obstacles à la participation et à la représentation dans la recherche mondiale. Des études de cas ont illustré des initiatives régionales qui incarnent ces valeurs.
Les sessions 5 à 9 ont porté sur les écosystèmes et l’évaluation de la recherche dans le cadre du libre accès diamant et de l’innovation, abordant la question de la durabilité des plateformes du libre accès diamant. Les intervenants ont mis en avant les modèles collaboratifs, les dépôts fédérés et les pôles régionaux, en particulier dans les pays du Sud, qui sont en train de transformer l’édition scientifique. La nécessité d’une infrastructure robuste et interopérable a été soulignée comme condition préalable à la résilience et à l’équité.
Plusieurs interventions ont présenté des perspectives détaillées sur la manière dont les mesures traditionnelles peuvent être repensées pour soutenir la croissance du libre accès diamant. Les discussions ont mis l’accent sur l’alignement des pratiques d’évaluation sur les valeurs ouvertes, en particulier dans les contextes où les indicateurs commerciaux ont longtemps faussé les incitations à la recherche.
Le sommet s’est conclu par des groupes de travail et une séance plénière de clôture visant à synthétiser les discussions dans un cadre commun pour l’évaluation et la durabilité du libre accès diamant.
L’événement s’est terminé par une réflexion du Dr Reggie Raju et un braai traditionnel sud-africain, symbolisant l’esprit de collaboration et de communauté qui a caractérisé le sommet. Alors que les discussions se concrétisent en mesures politiques et infrastructurelles, le sommet DOA (libre accès diamant) 2025 constituera probablement une étape cruciale dans la promotion mondiale d’un libre accès équitable.
Toluca – Déclaration du Cap sur le libre accès diamant
En outre, la Déclaration de Toluca-Le Cap sur le libre accès diamant a été présentée et discutée (voir : annexe 1 du rapport du sommet). Cette déclaration reflète un engagement mondial unifié en faveur d’une refonte de la communication scientifique au service du bien public.
Figure 1. Déclaration mondiale de Toluca-Le Cap sur le libre accès diamant (en anglais)

Le texte de la déclaration est le suivant :
2e Sommet mondial sur le libre accès diamant
du 8 au 14 décembre 2024
Déclaration de Toluca-Le Cap sur le libre accès diamant
À la suite du Sommet mondial de Toluca de 2023, nous, participants au Sommet mondial du Cap de 2024, affirmons que le partage des connaissances est un droit humain.
À ce titre, les connaissances savantes doivent être un bien public. Elles doivent être accessibles à toutes les communautés, y compris aux lecteurs et aux auteurs, sans barrières ni paywalls. La participation à la production et à la communication des connaissances doit être exempte de préjugés et de partialité.
Conformément à la Recommandation de l’UNESCO de 2021 sur la science ouverte, le libre accès diamant est détenu par la communauté, dirigé par la communauté et non commercial.
La justice sociale, l’équité et l’inclusivité sont fondamentales pour le libre accès diamant, ce qui lui permet d’être un moteur de décolonisation et de démarginalisation.
Nous nous engageons en faveur de la diversité régionale et linguistique dans la communication scientifique. La mise en œuvre du libre accès diamant doit être adaptée pour répondre aux défis locaux et mondiaux et soutenue par des systèmes d’évaluation de la recherche.
Autres points clés à retenir
Le rapport post-conférence publié par les organisateurs de la conférence résume 10 points clés, chacun étant énuméré ci-dessous.
- Justice épistémique et recadrage des récits : un appel fort en faveur de la décolonisation de la recherche, mettant l’accent sur l’amplification des voix marginalisées et la remise en question des préjugés coloniaux dans les publications universitaires.
- Légitimité et engagement citoyen : la science ouverte doit être portée non seulement par les institutions, mais aussi par la participation active des citoyens, afin de garantir que les groupes défavorisés aient leur mot à dire dans la création et la diffusion des connaissances.
- Contextes historiques du libre accès : le libre accès doit être compris comme une question de pouvoir et de privilège, qui permet de remédier aux inégalités historiques en matière d’accès à la recherche.
- Durabilité et équité : la viabilité financière de l’édition en libre accès doit garantir l’équité, avec des accords transparents soutenant des infrastructures d’édition durables et culturellement inclusives.
- Exclusion par les modèles d’édition : la commercialisation de l’édition universitaire, en particulier par le biais de modèles de publication payants et d’évaluations basées sur des indicateurs, perpétue l’exclusion et renforce les inégalités systémiques.
- L’accès mondial comme un droit : La science ouverte est considérée comme un droit humain, avec un appel à passer d’un modèle d’édition axé sur le profit à un modèle qui profite à l’humanité et privilégie un accès équitable.
- Lutter contre les inégalités mondiales : Le poids financier de l’édition, en particulier pour les chercheurs du Sud, souligne la nécessité de soutenir les connaissances et les revues locales afin de promouvoir un accès plus inclusif.
- Une infrastructure collaborative pour la durabilité : la mise en place d’une infrastructure d’édition non commerciale et durable est essentielle pour garantir que le libre accès reste fondé sur l’équité et la justice sociale.
- Repenser l’évaluation de la recherche : les systèmes d’évaluation de la recherche doivent évoluer d’un modèle « centré sur le papier » vers un modèle qui valorise les contributions diverses, en particulier celles provenant de régions sous-représentées.
- Urgence de la réforme : il est urgent de procéder à un changement systémique dans l’évaluation de la recherche et les pratiques d’édition afin de démanteler l’héritage colonial et de promouvoir des structures universitaires inclusives et équitables.
(« Rapport du sommet » 2024)
Réponses du partenariat INKE
« Ce fut un plaisir pour moi de représenter Érudit et Coalition Publica au Sommet du Cap. Ce fut vraiment une expérience réjouissante de me retrouver avec tant de collègues du monde entier pour partager à la fois notre diversité et nos défis communs. Cela m’a vraiment fait réfléchir à notre position privilégiée au Canada, où notre conversation sur le libre accès diamant durable se concentre moins sur le « si » que sur le « comment ». À cet égard, je pense que nous pouvons jouer un rôle en déclarant fièrement que nous considérons le libre accès diamant comme le modèle le plus équitable et le plus durable pour l’accès mondial à la connaissance. C’est ce que nous avons fait avec le Public Knowledge Project l’automne dernier, lorsque nous avons publié la déclaration de Coalition Publica sur le libre accès diamant. Nous sommes également fiers d’avoir signé la déclaration de Toluca-Le Cap à la fin du sommet. Nous continuerons à nous tenir aux côtés de nos collègues nationaux et internationaux pour faire progresser le libre accès diamant. »
Jessica Dallaire-Clark, coordonnatrice principale, Développement du libre accèse, Érudit
Références
“Programme – 2nd Global Summit on Diamond Open Access.” 2024. https://doasummit.uct.ac.za/programme/.
“Summit Report – 2nd Global Summit on Diamond Open Access.” 2024. https://doasummit.uct.ac.za/summit-report/.
