https://doi.org/10.25547/VD0X-Y014
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Cette observation a été rédigée par Brittany Amell et traduite par Olga Ziminova, avec des remerciements particuliers aux partenaires d’INKE Evelyn Feldman, Susan Haigh et Rowena Johnson pour leurs contributions.
Traduit par Olga Ziminova (MA), Electronic Textual Cultures Lab (ETCL)
À noter que toutes les citations ont été traduites de l’anglais vers le français, alors, tous les originaux sont en anglais.

En un coup d’œil

Principaux participants Clarivate, bibliothèques de recherche
Délai / Cadre temporel 2025
Mots-clés ou thèmes clés Accès perpétuel ; accès libre ; édition scientifique ; accords de licence

Le 18 février 2025, Clarivate a annoncé les plans visant à éliminer progressivement les achats ponctuels de livres imprimés et numériques d’ici la fin 2025. Selon Bar Veinstein (président, Universités et Gouvernement), Clarivate « répond aux besoins évolutifs des bibliothèques en supprimant les barrières et en offrant un accès transparent à … du contenu “curaté”. L’objectif de [Clarivate] est de rendre l’apprentissage et la recherche plus accessibles et abordables à grande échelle, en ouvrant des opportunités pour chaque bibliothèque, dans chaque salle de classe et dans chaque département de recherche » (Communiqué de presse).

En réponse à cette annonce, EBSCO (l’un des plus grands concurrents de ProQuest) a publié  leur propre communiqué, réaffirmant leur «engagement indéfectible à soutenir les bibliothèques ayant des besoins d’acquisition divers, y compris l’accès perpétuel aux livres électroniques, la réalisation de livres imprimés et des modèles d’acquisition flexibles comme l’acquisition fondée sur des preuves (Evidence-Based Acquisition, EBA) et l’acquisition initiée par les demandes (Demand-Driven Acquisition, DDA). »

Les réactions à l’annonce de Clarivate ont été immédiates (par exemple, Enis 2025 ; Presque 2025 ; O’Donovan 2025), alors que les bibliothécaires et leurs collaborateurs ont utilisé divers canaux, notamment Bluesky et LinkedIn, pour exprimer leurs inquiétudes et leurs frustrations. Sur LinkedIn, Anthony Sinnott (responsable du développement de l’accès et des achats à l’Université de York) a écrit :

Cela ressemble davantage à une attaque contre le secteur qu’à une stratégie commerciale. Pour être clair, cela signifie que des dizaines d’universités devront désormais faire face aux conséquences de la perte d’achats permanents sur l’une des plus grandes plateformes d’approvisionnement en livres numériques (en réalité, sur plusieurs plateformes, compte tenu de nos chaînes d’approvisionnement déjà circulaires) et réorganiser et réaligner leurs flux de travail et leurs processus au moment le plus chargé de l’année pour nous.

Également sur LinkedIn, Jason Harper (responsable des services de recherche de la bibliothèque de l’Université de Bath) a écrit :

Le délai de retrait (d’ici fin octobre 2025) ajoute du sel sur la plaie, car il coïncide avec les périodes des commandes d’été et de la rentrée universitaire. Le retrait de services, de produits et d’intégrations de flux de travail clés (prêt à l’emploi, acquisitions basées sur des preuves ou initiées par les demandes) au profit de produits et de plateformes par abonnement indique que les marges bénéficiaires ont été privilégiées aux besoins des clients.

Dans un article d’opinion rédigé pour l’UKSG Siobhan Haime (Université de Londres) a partagé des préoccupations similaires :

La transition vers un accès par abonnement représente plus qu’un simple changement de modèle d’achat : elle compromet fondamentalement la capacité des bibliothèques universitaires à constituer des collections répondant à leurs besoins institutionnels spécifiques. Elle risque d’entraver notre capacité à maintenir des collections de recherche complètes, sans parler de l’enseignement.

La décision de Clarivate affecte Ex Libris et ProQuest, qui étaient acquis par Clarivate en 2021. Actuellement, ProQuest représente

40 % (26,7 millions de livres sterling) des dépenses des consortiums d’achat régionaux de l’enseignement supérieur du Royaume-Uni dans le cadre de la gestion de l’accord-cadre Livres, livres électroniques et manuels électroniques géré par SUPC. Les acquisitions par ProQuest de produits et services couvrant l’ensemble de l’écosystème des bibliothèques, avec la découverte, les métadonnées, la gestion des documents, les portails d’achat et la fourniture de contenu, constituent une approche de domination à certains égards similaire à celle de Google. (O’Donovan 2025, paragraphe 3)

Peu de temps après l’annonce de Clarivate, la Société des bibliothèques universitaires, nationales et collégiales du Royaume-Uni et d’Irlande (Society of College, National and University Libraries, SCONUL) a publié une lettre conjointe appelant à l’arrêt immédiat des projets de Clarivate « le temps que l’entreprise prenne en compte les avis de ses clients au Royaume-Uni et dans le monde ». La lettre de SCONUL précise également :

L’entreprise devrait désormais s’engager dans une consultation significative avec les bibliothèques et un dialogue avec la communauté universitaire internationale pour explorer des modèles alternatifs qui équilibrent la viabilité financière avec les besoins durables des établissements d’enseignement.

« Lettre à la communauté des bibliothèques » de Clarivate

Début mars, Clarivate a publié un suivi intitulé « Notre lettre à la communauté des bibliothèques », dans lequel on a déclaré :

Cette lettre a pour objectif de répondre aux récents changements que nous avons annoncés concernant l’achat de livres imprimés et l’accès perpétuel aux livres numériques pour les bibliothèques. Nous reconnaissons que l’absence de consultation de la communauté a été source de frustration, dans un contexte déjà difficile pour les bibliothèques et l’enseignement supérieur. Nous nous en excusons sincèrement et nous nous engageons à tirer les leçons de cette situation et à faire mieux. (Clarivate Analytics, le 4 mars 2025)

Cette deuxième annonce a précisé que l’accès aux livres précédemment achetés via E-book Central serait préservé et que Clarivate prolongerait la possibilité d’effectuer des achats perpétuels jusqu’au 30 juin 2026. Clarivate a également indiqué son engagement à augmenter son investissement pour permettre les achats titre par titre via la plateforme « Rialto » – un service Web appartenant à Clarivate qui utilise « une approche de place de marché » pour permettre la sélection et l’acquisition de « ressources de bibliothèque rapides, précises et transparentes » (Clarivate, le 30 mai 2024).

En écrivant pour Katina, un magazine numérique écrit par et pour les bibliothécaires (selon sa page titre), Sunshine Carter a qualifié la réponse de Clarivate de « creuse ». De nombreux bibliothécaires ont fait appel à Bluesky (aussi appelés « Skybrarians ») pour exprimer leur frustration :

« J’essaie normalement d’offrir aux gens le bénéfice du doute ici, mais que sont donc ces excuses de Clarivate ? » (extrait de @panoptigoth.bsky.social, citation traduite de l’anglais)

« Qui aime le plus les bibliothèques ? Clarivate ! C’est pourquoi ils offrent une valeur ajoutée durable aux bibliothèques : en prolongeant d’un an la possibilité d’acheter des livres. » (@libraryfutures.bsky.social, citation traduite de l’anglais)

Réinterpréter la propriété numérique ?

Dans un article de blog d’invité pour The Scholarly Kitchen (le 4 mars 2025) Isaac Wink compare l’annonce de Clarivate aux initiatives prises par d’autres compagnies comme Spotify et Apple Music, ce dernier ayant été lancé en 2015 en tant que service par abonnement, à peu près au même moment où Microsoft a annoncé qu’il cesserait de produire des versions de Windows. L’annonce de Clarivate, écrit Wink, tombe par coïncidence :

Une semaine seulement avant qu’Amazon ne mette fin à la possibilité pour ses utilisateurs de télécharger leurs achats Kindle sur un ordinateur. Si de nombreux consommateurs ont l’impression qu’acheter un livre numérique revient à acquérir un fichier utilisable à leur guise, en réalité, ils ont acquis le droit d’accéder au livre par des moyens agréés. La suppression par Amazon de la possibilité de télécharger des livres témoigne d’une volonté de lutter contre l’ancienne conception de la propriété numérique.

Malheureusement, les bibliothèques sont confrontées à ce problème depuis, sans doute, leurs origines, même si les livres électroniques en particulier ont représenté un défi au cours des deux dernières décennies (Deschamps 2024; Kambitsch, 2011; Nowakowsky & Voy 2024). Prenons, par exemple, la citation suivante écrite par Tim Kambitsch (à l’époque directeur de la bibliothèque métropolitaine de Dayton) en 2011 :

« Acheter » des livres numériques est peut-être une exagération du lien réel avec les ressources que nous sélectionnons et proposons à nos usagers. L’idée que les bibliothèques achètent des livres numériques est plus conceptuelle que factuelle. Nous sélectionnons des titres ; nous payons des prix différents pour les titres, qui semblent correspondre au prix du titre papier. Cependant, les supports marketing et les contrats de licence que nous signons ne nous procurent pas cette impression positive. Il serait peut-être plus judicieux de les qualifier de titres auxquels nous avons accordé un accès sous licence à nos usagers.

Avant l’avènement du livre numérique, les bibliothèques pouvaient généralement acheter et prêter à leurs usagers autant d’exemplaires imprimés que leurs bibliothèques en avaient. Cependant, l’introduction du livre numérique a permis aux éditeurs de tester de nouveaux modèles de prêt, leur permettant ainsi de mieux contrôler les processus de prêt et d’acquisition des bibliothèques (Nowakowsky & Voy 2024). L’annonce de Clarivate est un nouveau défi à relever pour les bibliothèques surchargées de travail et sous-financées.

En réponse à cet article, Evelyn Feldman (responsable des acquisitions et des ressources électroniques, bibliothèques de l’Université de Victoria) a écrit :

Cette décision de Clarivate soulève des inquiétudes sur plusieurs points, tels que la confiance dans nos partenariats avec les fournisseurs, la consolidation du marché et la propriété des livres numériques, essentielle pour que les bibliothèques puissent maintenir des collections stables pour leurs besoins de recherche actuels et futurs. La déclaration de la [Coalition internationale des consortiums de bibliothèques (The International Coalition of Library Consortia, ICOLC)] reflète mes propres préoccupations sur ces questions. (Vous pouvez lire la réponse d’Evelyn Feldman dans son intégralité en allant  jusqu’à la section « Réponses du partenariat INKE » ci-dessous.)

De même, Susan Haigh (directrice générale de l’ABRC) et Rowena Johnson (agente de programme invitée de l’ABRC pour le droit d’auteur et l’accès numérique, responsable du droit d’auteur, Université de Calgary) ont partagé ce qui suit :

L’Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC) a été déçue par l’annonce de Clarivate et les changements à venir à son offre de livres imprimés et numériques, notamment la suppression de la possibilité pour les bibliothèques d’effectuer des achats uniques et l’imposition d’un modèle d’abonnement exclusif aux universités. La décision de Clarivate illustre de nombreux défis auxquels les bibliothèques sont confrontées dans l’environnement numérique, notamment leur capacité à posséder, préserver et développer des collections solides et diversifiées, adaptées aux besoins de leurs utilisateurs – étudiants, enseignants et chercheurs. (Vous pouvez lire la réponse complète de Susan Haigh et Rowena Johnson en allant jusqu’à la section « Réponses du partenariat INKE » ci-dessous.)

Questions clés et considérations

Les nouvelles de Clarivate soulèvent plusieurs questions et préoccupations, et continueront probablement de le faire, alors que les bibliothèques se demandent quoi faire ensuite.

La pérennité des collections face à l’augmentation constante des coûts d’abonnement est une question récurrente. Par exemple, l’UKB, une coentreprise regroupant 13 universités néerlandaises et la Bibliothèque nationale des Pays-Bas, a soulevé cette préoccupation dans une déclaration récente :

L’UKB partage la déception générale face à ces changements annoncés. Cette nouvelle stratégie va à l’encontre de la stratégie de gestion des collections des bibliothèques de l’UKB, qui vise à constituer des collections permanentes et à promouvoir la biodiversité des bibliothèques. Les bibliothèques universitaires s’efforcent de constituer des collections durables, étroitement liées à leurs profils d’enseignement et de recherche spécifiques, ce qui est fortement entravé par de tels abonnements. (UKB, le 31 mars 2025)

Haïmé (2025) a souligné que le contenu « peut être supprimé sans intervention de la bibliothèque ni annonce préalable », bien que Clarivate (le 18 mars 2025) indique que les suppressions hors cycle ne sont effectuées qu’occasionnellement, pour « des raisons juridiques ou la perte des droits de l’éditeur » (p. 6). La perte imprévue de documents au milieu d’un semestre universitaire peut être pénible pour les bibliothèques disposant de budgets pour des solutions d’urgence, mais les bibliothèques plus petites, sans flexibilité financière, seront laissées pour compte, tout comme leurs usagers.

La suppression de contenu soulève d’autres préoccupations dans le contexte politique mondial actuel ; à savoir, l’ambiguïté de l’expression « pour des raisons juridiques » laisse place à des interprétations qui portent atteinte au rôle des bibliothèques dans la société au sens large (voir : ABRC 2022). Par exemple, Gosart (2024) a indiqué que le gouvernement russe avait l’intention de rendre illégale la lecture de livres en ukrainien dans les territoires occupés (p. 1). Que ferait Clarivate dans des cas comme celui-ci ? Ou dans d’autres cas liés à la censure ?

Parallèlement à ces inquiétudes, on espère également que l’annonce de Clarivate intensifiera les actions internationales visant à diversifier les collections, à soutenir l’édition en libre accès et à mobiliser l’action collective : « Notre réponse à ces changements pourrait façonner l’avenir des collections des bibliothèques universitaires pour les années à venir – et, espérons-le, pour le mieux » (Haimé, 2025).

Réponses du partenariat INKE

Evelyn Feldman, responsable des acquisitions et des ressources électroniques, bibliothèques de l’Université de Victoria :

Notre consortium national de bibliothèques, le RCDR, a approuvé une déclaration publiée par la Coalition internationale des consortiums de bibliothèques (International Coalition of Library Consortia, ICOLC), Aligner les offres de livres électroniques sur les besoins des bibliothèques, qui met en lumière les inquiétudes suscitées par la décision de Clarivate. Cette décision de Clarivate soulève des inquiétudes sur plusieurs points, tels que la confiance dans nos partenariats avec les fournisseurs, la consolidation du marché et la propriété des livres numériques, essentielle pour que les bibliothèques puissent maintenir des collections stables pour leurs besoins de recherche actuels et futurs. La déclaration de l’ICOLC reflète mes propres préoccupations sur ces questions.

Concernant la propriété, comme la plupart des bibliothèques universitaires, nous privilégions l’accès perpétuel aux livres et aux revues afin de garantir la disponibilité continue des documents de recherche. La décision de Clarivate de supprimer la possibilité de posséder des documents de recherche est contraire aux valeurs fondamentales de nos collections et limite la capacité des bibliothèques à garantir un accès stable à des ressources essentielles. Nous continuerons à développer notre collection autour de la propriété perpétuelle, ce qui implique de nous tourner vers des éditeurs qui soutiennent toujours ce modèle.

Susan Haigh (directrice générale, ABRC) et Rowena Johnson (Agente de programme invitée de l’ABRC pour les politiques d’accès au contenu numérique, responsable du droit d’auteur, Université de Calgary) :

L’Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC) a été déçue par l’annonce de Clarivate et les changements à venir dans ses offres imprimées et de livres électroniques, à savoir la suppression de la possibilité pour les bibliothèques d’effectuer des achats uniques et l’imposition d’un modèle d’abonnement unique aux universités.

La décision Clarivate illustre de nombreux problèmes auxquels les bibliothèques sont confrontées dans l’environnement numérique, notamment leur capacité à posséder, préserver et développer des collections diversifiées et solides en fonction des besoins de leurs utilisateurs – étudiants, enseignants et chercheurs.

Si le passage à un environnement essentiellement numérique a été bénéfique pour les bibliothèques, en permettant un accès aux usagers, quelle que soit leur localisation géographique, et en facilitant l’accès aux contenus patrimoniaux, il a également entraîné une perte de contrôle sur leurs collections. La prédominance des collections organisées sur abonnement prive les bibliothèques de la possibilité de sélectionner et de posséder des documents. De plus, ces modèles ont généralement un coût élevé, aggravant les problèmes budgétaires de nombreuses bibliothèques.

De plus, ces collections comprennent généralement des conditions d’utilisation restrictives et des mesures de protection technologiques qui permettent aux fournisseurs de contenu de verrouiller les documents, empêchant et limitant ainsi les utilisations autorisées par la loi canadienne sur le droit d’auteur.

L’ABRC s’engage à travailler avec ses organismes partenaires, comme le Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR), et ses bibliothèques membres pour comprendre et trouver des solutions aux problèmes posés par les modèles d’abonnement unique.

L’ABRC continuera de défendre à l’échelle nationale un accès juste et équitable aux documents et de sensibiliser le public aux enjeux liés à la propriété dans l’environnement numérique. Cela comprend notamment le renforcement du principe de neutralité technologique de la Loi sur le droit d’auteur; l’équilibre entre les droits des créateurs et des utilisateurs; et la promotion et l’encouragement du libre accès afin d’éliminer les obstacles créés par les modèles d’abonnement. Ce travail est essentiel pour garantir que les bibliothèques membres peuvent remplir leur mandat et soutenir des environnements d’enseignement, d’apprentissage et de recherche solides qui favorisent l’innovation et contribuent au succès du Canada à l’échelle mondiale.

À propos de l’ABRC : L’ABRC est un organisme bilingue sans but lucratif qui offre leadership et collaboration stratégique à ses membres. Parmi ses membres figurent les 29 principales bibliothèques universitaires canadiennes et trois institutions fédérales. Sa mission est d’accroître la capacité de faire progresser la recherche et l’enseignement supérieur. L’ABRC favorise la création, la diffusion et la préservation efficaces et durables des connaissances, et défend des politiques publiques favorisant un large accès à l’information scientifique. (En savoir plus sur ABRC ici)

References/ Références

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