https://doi.org/10.25547/9CMC-3R70
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Écrit par Alan Colin-Arce.
Traduction française révisée par Olga Ziminova (MA), Electronic Textual Cultures Lab (ETCL).
En un coup d’œil
| Topic / Titre | Valoriser la diversité des savoirs dans l’érudition ouverte |
| Key Participants / Participants clés | Partenariat INKE, ETCL, C-SKI, Open Scholarship Press |
| Date / Période | 2025 |
| Keywords / Mots-clés | bibliodiversity / bibliodiversité, Multilingualism / Multilinguisme, community engagement / engagement communautaire, Knowledge diversity / Diversité des savoirs, Indigenous Knowledge / Le savoir autochtone |
Résumé
Cet article présente le document évolutif « Diversité des savoirs », disponible en libre accès via Open Scholarship Press. Ce document vise à détailler les défis historiques et actuels auxquels les personnes sont confrontées en tant que détenteurs de savoir, notamment la dévalorisation des savoirs autochtones, des recherches publiées dans des langues autres que l’anglais et des recherches communautaires.
Diversité des savoirs dans les approches de l’érudition ouverte
La diversité des savoirs est une posture épistémologique qui reconnaît la légitimité et la valeur d’une grande variété de modes de connaissance, tout en remettant en question les rapports de pouvoir qui font que certains modes de connaissance sont considérés comme plus légitimes ou plus précieux que d’autres. Ce type de travail est abordé depuis des décennies dans des disciplines telles que les études autochtones, l’histoire orale et les études postcoloniales. Cependant, le sujet gagne en importance dans de plus nombreux domaines, y compris la science ouverte. En particulier, la publication de la Recommandation de l’UNESCO sur une science ouverte en 2021 a souligné l’importance de la diversité des savoirs, car elle a insisté sur le fait que le savoir scientifique est multilingue et que certains de ses piliers sont l’engagement ouvert des acteurs de la société et le dialogue ouvert avec d’autres systèmes de connaissances.
Dans ce contexte qui reconnaît de plus en plus la valeur de la diversité des savoirs, les plus de 120 annotations du document évolutif sur la diversité des savoirs sont organisées en cinq sections couvrant des enjeux clés : l’injustice épistémique, la bibliodiversité, les savoirs autochtones, les savoirs communautaires et la co-enquête, et les étapes vers l’équité des savoirs. Chaque section s’appuie sur des sources variées, allant des livres et articles universitaires aux billets de blogue, balados et sites Web, afin de refléter la pluralité des modes de production et de diffusion du savoir. Chaque section se termine par une liste commentée d’initiatives et d’organisations traitant des problématiques spécifiques abordées. Une introduction ouvre et contextualise plus en détail l’importance de la diversité des savoirs. Ce recueil est présenté comme un document évolutif, reconnaissant ainsi la continuité de ces débats et le caractère permanent, et non définitif, de la réalisation de la diversité des savoirs. Toute personne souhaitant contribuer peut proposer des modifications sur la page Wikibooks.
En général, la diversité des savoirs est un enjeu important car elle permet de combler les lacunes des connaissances actuelles et d’enrichir notre compréhension de différents sujets en apportant des perspectives nouvelles ou différentes. Il se peut aussi que les savoirs académiques progressent plus lentement dans certains domaines de recherche où existent des rapports de force inégaux entre les différents acteurs, comme les études de genre, les études queer, les études environnementales et les études autochtones.
Un autre enjeu clé de la diversité des savoirs est de réduire les obstacles à la participation à la production de connaissances pour les personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, ainsi que pour celles qui mènent des recherches et produisent des travaux de recherche dans des environnements para-universitaires (parfois appelés milieux universitaires alternatifs) et autres. Cette analyse se veut une ressource pour un public tant universitaire que non universitaire. Elle peut s’avérer particulièrement utile pour les bibliothécaires, les militants communautaires, les chercheurs citoyens, les enseignants, les chercheurs travaillant en milieu communautaire et toute personne souhaitant ancrer davantage ses recherches dans la communauté.
Les sections suivantes de cet article présentent un bref aperçu des cinq sections de l’analyse de recherche sur la diversité des savoirs (Colin-Arce et al., 2025).
Injustice épistémique
L’injustice épistémique est un concept fondamental pour comprendre comment les systèmes de connaissances et les détenteurs de savoir ont été et sont encore considérés comme peu fiables en raison de préjugés. Une des définitions les plus répandues de l’injustice épistémique est celle des préjudices subis par une personne en sa qualité de connaisseur (Fricker, 2007). Ce concept, initialement développé en philosophie et en épistémologie, a été examiné sous différents angles théoriques, présentés dans la sous-section « Concepts fondamentaux et débats ». L’injustice épistémique a également été appliquée à de nombreuses études de cas, notamment en communication scientifique, en technologies des sciences des données, en métriques de recherche et en enseignement supérieur. Ces études de cas sont abordées dans la sous-section « L’injustice épistémique dans différents domaines d’étude ». La section consacrée à l’injustice épistémique est donc divisée en trois sous-sections :
- Concepts fondamentaux et débats
- L’injustice épistémique dans différents domaines d’étude
- Initiatives et organisations
Bibliodiversité
La section sur la bibliodiversité présente diverses stratégies et propositions visant à favoriser une plus grande diversité au sein de l’écosystème de l’édition et de la communication savante. Si de nombreux débats persistent quant au type de diversité à encourager, la bibliodiversité tend généralement à se concentrer sur l’accroissement de la diversité des approches épistémologiques, des langues et des infrastructures de publication. Les annotations de cette section abordent l’utilisation répandue de l’anglais dans la communication savante, l’utilisation responsable des indicateurs d’évaluation de la recherche et les enjeux politiques liés à la publication. Les sous-sections sont les suivantes :
Savoirs autochtones
Cette section présente les principes fondamentaux des systèmes de savoirs autochtones, les problèmes liés à la façon dont les traditions de savoir occidentales ont caractérisé et tenté d’effacer ces savoirs, ainsi que les méthodologies de recherche autochtones. Les discussions abordées dans cette section dépassent le cadre de la publication et proposent différentes alternatives de production de connaissances basées sur les modes de connaissance autochtones. La section est divisée en sous-sections :
Savoirs communautaires et co-enquête
Cette section explore différentes approches de la recherche communautaire et de la co-enquête. Elle s’intéresse particulièrement aux discussions et aux projets qui ont mobilisé des intervenants universitaires, non universitaires ou issus de la société civile, notamment aux enjeux socio-économiques de la recherche communautaire et aux rapports de force entre les différents acteurs impliqués. Ce thème est structuré en trois sous-sections :
Vers l’équité des savoirs
Cette section est résolument axée sur l’action et se concentre sur les pratiques à mettre en œuvre pour favoriser l’inclusion de diverses formes de savoir. Elle aborde les initiatives menées dans différents domaines et espaces, tels que le travail de mémoire, la communication scientifique, la pédagogie et les méthodes de recherche. Ces initiatives sont décrites dans des publications universitaires traditionnelles, ainsi que sur des sites Web et des blogues, et sont classées dans les sous-sections suivantes :
Perspectives d’avenir
La grande variété de sujets abordés dans le document évolutif sur la diversité des savoirs illustre la complexité de la valorisation des différentes formes de connaissance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du milieu universitaire. Les initiatives mises en lumière dans ce recueil, visant à produire des savoirs localisés, ancrés culturellement et/ou co-construits, démontrent qu’il n’existe pas une seule forme de connaissance universellement valable, mais plutôt de multiples façons de faire progresser la compréhension. Bien que loin d’être une liste exhaustive des initiatives en matière de diversité des savoirs, ce recueil vise à inciter les lecteurs à réfléchir à leurs conceptions de la valeur des savoirs et à encourager des actions concrètes pour corriger les injustices épistémiques, promouvoir l’équité en matière de savoir et repenser la notion de savoir légitime.
Réferences
Colin-Arce, A., Sardino, M., Muñoz Francisco, E., Jensen, G., Winter, C., Arbuckle, A., & Siemens, R. (2025). Engaging Knowledge Diversity. Open Scholarship Press. https://en.wikibooks.org/wiki/Engaging_Knowledge_Diversity
Fricker, M. (2007). Epistemic Injustice: Power and the Ethics of Knowing. In Epistemic Injustice. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780198237907.001.0001
