https://doi.org/10.25547/7H0F-NS66
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Ce rapport « Insights and Signals » a été rédigé par Alan Colin-Arce et Kyle Dase, avec leurs remerciements à Daniela Saderi, Kylie Yui Dan et à la partenaire d’INKE Lucía Céspedes pour sa relecture et ses commentaires.
Traduction française révisée par Olga Ziminova (MA), Electronic Textual Cultures Lab (ETCL).
En un coup d’œil
| Topic / Titre | Perceptions, impact et état de l’évaluation ouverte |
| Key Participants / Participants clés | PREreview, Peer Community in, Nature, PLOS One |
| Date / Période | 2020 – présent |
| Keywords / Mots-clés | peer review / critique des pairs, publishing / édition |
Résumé
Ce rapport donne un aperçu des récentes politiques et initiatives ouvertes en matière d’évaluation ouverte. L’évaluation ouverte favorise une plus grande ouverture tout au long du processus d’évaluation : elle pourrait impliquer des pratiques allant de la simple divulgation de l’identité des évaluateurs aux auteurs jusqu’à la fourniture aux lecteurs d’un accès à l’identité des pairs évaluateurs et à leurs rapports d’évaluation. Cette pratique gagne du terrain pour améliorer la transparence et l’équité du processus d’évaluation par les pairs. Cependant, divers modèles et considérations sont nécessaires à l’adoption d’un examen ouvert par les pairs, tels qu’une participation inégale, la réticence à rendre publique l’identité des évaluateurs et des preuves peu concluantes de ses avantages et de ses éventuels inconvénients.
Évaluation ouverte : définitions et éléments
L’évaluation ouverte est un terme générique qui englobe de nombreuses pratiques de science ouverte. Ces pratiques explorent comment adapter les modèles d’évaluation par les pairs aux objectifs de la science ouverte (Ross-Hellauer, 2017). Les trois éléments clés de l’évaluation ouverte sont : l’ouverture des identités (l’identité des auteurs et des évaluateurs est connue de tous, auteurs et lecteurs), la publication de rapports ouverts (les rapports d’évaluation sont accessibles au public avec la publication finale) et la participation ouverte (la communauté scientifique peut contribuer au processus d’évaluation). De différents modèles d’évaluation ouverte peuvent privilégier un ou plusieurs de ces éléments. Voici quelques raisons d’intégrer les pratiques d’évaluation ouverte dans les revues ou les serveurs de prépublication (Oliveira Henriques et al., 2025) :
- Rendre l’évaluation par les pairs plus démocratique et transparente.
- Améliorer la qualité et la reproductibilité des travaux scientifiques.
- Rendre les processus d’évaluation par les pairs plus équitables et inclusifs en s’efforçant de corriger les préjugés des évaluateurs et d’accroître leur diversité.
- Améliorer l’efficacité de l’évaluation par les pairs et reconnaître la contribution des évaluateurs.
L’évaluation ouverte fait partie des débats académiques depuis le milieu des années 1990, mais son adoption a considérablement augmenté ces dernières années. En 2020, plus de 600 revues pratiquaient l’évaluation ouverte, avec au moins un article disponible en libre accès (Wolfram et al., 2020). Selon ces chiffres, les chercheurs estiment que l’évaluation ouverte est pratiquée comme politique formelle dans 1 à 5 % des revues (Ross-Hellauer et Horbach, 2024). Parmi les éditeurs qui appliquent l’évaluation ouverte selon les différents modèles, on peut citer Frontiers, Nature Research, BMJ Group et le tout récent Open Research Europe. Des revues importantes ayant adopté l’évaluation ouverte, de manière facultative ou obligatoire, sont Nature (annonce de 2025 disponible ici), PLOS One et eLife.¹
Il existe au moins 23 services qui soutiennent l’évaluation ouverte des articles de revues, des prépublications et autres productions scientifiques (Oliveira Henriques et al., 2025). Alors que la plupart de ces services couvrent toutes les disciplines, certains se concentrent sur des domaines spécifiques, principalement les sciences biomédicales et les sciences de la vie ou les sciences physiques. Ces services adoptent des approches différentes en matière d’évaluation ouverte par les pairs et de publication des informations. Parmi les initiatives générales d’évaluation par les pairs, on peut citer Episciences, Peer Community in, PREreview, PubPeer, Qeios, et Researchers.one.
Préoccupations de la communauté et identités ouvertes
Bien que l’évaluation ouverte ait gagné en popularité ces dernières années, les auteurs, les évaluateurs et les éditeurs demeurent préoccupés par cette transparence, notamment en ce qui concerne la transparence des identités. Plus de la moitié des 3 062 intervenants de la communication scientifique interrogés en 2016 demeurent sceptiques à l’égard de la transparence des identités, estimant que l’évaluation par les pairs s’en trouverait « détériorée, voire fortement dégradée » (Ross-Hellauer et al., 2017). Des enquêtes plus récentes, synthétisées par Ross-Hellauer et Horbach (2024), ont révélé une réticence semblable à rendre publiques les identités des évaluateurs, en particulier par crainte d’exposer les jeunes chercheurs et d’autres groupes vulnérables à des influences indues et de dissuader les évaluateurs de participer à l’évaluation.
Maintenir le caractère facultatif de cette pratique d’évaluation ouverte, au moins jusqu’à ce que de nouvelles études et données nous éclairent définitivement sur les principales préoccupations des chercheurs, pourrait être la voie la plus viable. Cependant, à titre d’exemple, moins de 6 % des évaluateurs de Functional Ecology choisissent de révéler leur identité lorsqu’ils en ont la possibilité, et les hommes sont plus de deux fois plus susceptibles de le faire que les femmes (Fox, 2021). Certains services d’évaluation ouverte, comme PREreview, proposent comme alternative d’autoriser la publication d’évaluations sous pseudonyme tout en conservant le suivi confidentiel des auteurs grâce à leur identifiant ORCID. Bien que cette option protège les évaluateurs d’éventuelles représailles, elle a été peu adoptée par PREreview. Selon Daniela Saderi (cofondatrice et directrice générale de PREreview), environ 85 % (1 250 sur 1 473) des personnes ayant publié au moins une évaluation sur PREreview.org l’ont fait sous leur nom public plutôt que sous un pseudonyme. PREreview responsabilise également les évaluateurs grâce à un code de conduite, afin de garantir un environnement ouvert et une expérience exempte de harcèlement pour ses utilisateurs.
Des considérations culturelles entrent également en jeu concernant l’affirmation de leur identité, les évaluateurs provenant de pays en développement étant plus susceptibles de s’identifier comme auteurs d’évaluations (Ross-Hellauer et Horbach, 2024). Par conséquent, il est possible que si les méthodologies occidentales perdent de leur influence, l’ouverture à l’affirmation de l’identité se développe également au sein de l’évaluation ouverte.
Attitudes de la communauté face aux relations ouvertes
Les intervenants expriment moins de réserves quant à la publication des rapports ouverts qu’à la divulgation de leur identité : près de 60 % des répondants estiment que « la publication des rapports améliorerait le processus d’évaluation par les pairs » et moins du quart affirment que « ça empirerait les choses » (Ross-Hellauer et al., 2017). De plus, plus de 60 % des répondants estiment que les rapports ouverts seraient utiles aux lecteurs et amélioreraient la qualité des articles soumis pour évaluation. Cependant, comme pour la divulgation de l’identité, certains craignent que l’ouverture des rapports n’empêche les évaluateurs de « formuler des critiques pertinentes » voire d’« accepter d’évaluer » (Ross-Hellauer et Horbach, 2024). Or, ces perceptions ne correspondent pas à la réalité, la plupart des études suggérant que les évaluateurs ne sont ni réticents à évaluer ni que cela n’ait d’impact négatif sur leur comportement (Ross-Hellauer et Horbach, 2024). Une étude de 2026 a même révélé que les rapports d’évaluation par les pairs publiés contiennent plus d’informations que les rapports non publiés, avec plus de suggestions pour améliorer le manuscrit (Álvarez-García et al., 2026).
En résumé, les inquiétudes concernant les rapports ouverts sont largement non fondées, et les quelques études disponibles sur le sujet suggèrent une augmentation potentielle des taux de citation et de la qualité des rapports d’évaluation, sans aucun effet négatif.
Évaluation ouverte des prépublications
L’évaluation ouverte des prépublications vise à compléter le travail des serveurs de prépublications – des plateformes qui rendent les nouvelles recherches accessibles au public avant leur évaluation par les pairs (Ryan, 2026) – en offrant un espace dédié à la rétroaction et aux commentaires sur les prépublications avant leur publication dans une revue. Les prépublications sont particulièrement bien adaptées à l’évaluation ouverte car elles suscitent déjà des réactions de la communauté et permettent la publication de plusieurs versions avant leur publication finale. Il est donc possible de réviser la prépublication en fonction des évaluations ouvertes.
Selon Avissar-Whiting et al. (2024), l’évaluation des prépublications est un type spécifique de rétroaction qui comprend les trois points suivants, bien que ces caractéristiques s’appliquent également aux évaluations ouvertes d’autres résultats de recherche :
- Discussion de la rigueur et de la validité de la recherche.
- Déclaration et vérification des conflits d’intérêts des évaluateurs.
- Divulgation et vérification de l’identité des évaluateurs (par exemple, par un éditeur ou un coordinateur de service, ou via une connexion ORCID).
Les services d’évaluation des prépublications offrent différents modèles. Certaines plateformes sont relativement simples, offrant la possibilité d’évaluer les articles ou offrant une section de commentaires généraux favorisant les échanges entre lecteurs. D’autres sont plus complexes et visent à former les jeunes chercheurs à l’évaluation par les pairs et aux évaluations formelles approfondies (Avissar-Whiting et al., 2024).
PREreview est un service d’évaluation de prépublications qui a pour objectif d’apporter « plus d’équité et de transparence à l’évaluation par les pairs en soutenant et en responsabilisant les communautés de chercheurs, notamment ceux en début de carrière et historiquement exclus, afin qu’ils puissent évaluer des prépublications dans le cadre d’un processus valorisant » (PREreview, s.d.). Cette priorité accordée à l’équité et à la formation redéfinit la notion de pair et l’importance de l’expertise dans l’évaluation d’un manuscrit. Dans cette optique, PREreview propose des formations et des programmes de mentorat visant à promouvoir l’évaluation ouverte des prépublications et à lutter contre les inégalités inhérentes à l’évaluation traditionnelle. PREreview a également établi des partenariats avec des revues scientifiques pour créer des clubs d’évaluation de prépublications où les chercheurs se réunissent en ligne pour collaborer à des évaluations.
Daniela Saderi (cofondatrice et directrice générale de PREreview) déclare :
« Chez PREreview, nous croyons que l’expertise va bien au-delà du cadre traditionnel du processus de sélection universitaire. Plutôt que de décider qui est qualifié pour contribuer, nous faisons confiance aux communautés pour partager leurs connaissances et leur expérience, et nous leur fournissons l’infrastructure, l’accompagnement et les garanties nécessaires pour que ces retours soient visibles, citables, accessibles et constructifs. Pour nous, l’ouverture et l’équité sont indissociables : rendre l’évaluation par les pairs ouverte ne la rend pas automatiquement plus fiable, inclusive ou juste. Un changement durable passe par la culture de la responsabilité, du respect, de la réciprocité et de la bienveillance – une culture où les différentes formes d’expertise sont accueillies, reconnues et valorisées pour renforcer la recherche collective.»
Peer Community in (PCI) est un autre service d’évaluation de prépublications qui offre une évaluation par les pairs pour les revues. Si les évaluations sont positives, les prépublications validées peuvent être publiées en libre accès diamant, soit dans le Peer Community Journal, soit dans une liste de revues associées à PCI. Ce processus accroît l’efficacité de l’évaluation par les pairs, car les évaluations des prépublications sont transmises à la revue pour faciliter la décision d’acceptation ou de refus d’un article, réduisant ainsi potentiellement le nombre de réévaluations. Toutefois, seuls les rapports positifs sont publiés et l’identité des évaluateurs peut demeurer anonyme. L’image ci-dessous illustre le processus de publication de la revue Peer Community Journal (s.d.).

Modèle de publication-évaluation-curation
Un modèle de publication alternatif qui gagne en popularité grâce aux progrès de la recherche ouverte est le modèle de publication-évaluation-curation. Il décompose le processus de publication en trois étapes (Corker et al., 2024) :
- Publication : Un chercheur rend public un artefact de recherche (article, jeu de données, inscription d’étude, etc.). Cet artefact doit avoir un identificateur permanent, être lisible par machine, librement accessible et sous licence ouverte. Il peut être publié sur des serveurs de prépublication, des archives institutionnelles, des entrepôts de données ou des registres d’études.
- Évaluation : Des évaluateurs examinent l’artéfact de recherche et fournissent des commentaires. Ces évaluations peuvent être sollicitées ou effectuées bénévolement. Les évaluations doivent également posséder un identifiant permanent, être lisibles par machine et sous licence ouverte. Des services d’évaluation comme PREreview ou Peer Community In peuvent être utilisés à cette étape.
- Curation : Les artefacts de recherche sont regroupés en collections, avec des synthèses ou des évaluations facultatives. Ces collections peuvent être créées par sujet ou par qualité des artefacts. Plusieurs chercheurs ou organisations peuvent créer différentes collections à des fins diverses.
Le modèle « Publication-Évaluation-Curation » favorise la publication décentralisée, car il peut être mis en œuvre sur des plateformes ou services distincts (Corker et al., 2024). Ce processus est également initié et contrôlé par les auteurs, et non par les revues ou les éditeurs. ASAPbio et MetaROR sont des exemples d’organisations appliquant ce modèle. Bien que ce modèle existe depuis le début des années 2000, le développement des services de prépublication et des services d’évaluation ouverte permet de le tester à plus grande échelle.
Évaluation ouverte dans les revues canadiennes
Le Réseau Circé a mené un sondage auprès de 134 revues canadiennes concernant leurs processus d’évaluation par les pairs et a constaté une adoption limitée des pratiques d’évaluation ouverte par les pairs. Par exemple, 69 % des revues n’autorisent aucune interaction entre les auteurs et les évaluateurs, 76 % ne divulguent pas publiquement l’identité de leurs évaluateurs, 83 % ne publient pas les rapports d’évaluation et 97 % ne communiquent pas l’identité des évaluateurs aux auteurs (Michaud et al., 2026). L’enquête a également révélé que 40 revues envisagent actuellement de modifier leurs processus d’évaluation par les pairs.
Par conséquent, la plupart des revues canadiennes n’intègrent pas actuellement les principaux volets de l’évaluation ouverte par les pairs (identités ouvertes, rapports ouverts et participation ouverte). Dans le rapport final accompagnant les résultats de l’enquête, les auteurs recommandent aux revues de tester les pratiques d’évaluation ouverte de manière progressive et flexible au sein d’un seul numéro ou article et de recueillir les commentaires des auteurs et des évaluateurs. Une autre recommandation est que les revues tiennent compte du fait que l’OPR nécessite une reconfiguration des rôles impliqués dans la chaîne éditoriale. Les revues doivent donc soutenir les participants dans cette reconfiguration en élaborant des lignes directrices pour les examinateurs et les auteurs, en sélectionnant un système de reconnaissance du travail d’évaluation par les pairs et en planifiant la préservation des données relatives au processus d’évaluation.
Considérations clés et questions à approfondir
L’évaluation ouverte a fait l’objet d’études visant à mieux comprendre son impact. Parmi ses avantages, l’évaluation ouverte offre la possibilité d’examiner de près le processus d’évaluation par les pairs. Par exemple, une étude analysant les rapports d’évaluation par les pairs sur Publons a révélé que les rapports plus longs (plus de 947 mots) sont significativement corrélés au nombre de citations reçues par les articles (Maddi et Miotti, 2024). Il existe également des preuves que l’évaluation ouverte peut mener à des évaluations plus longues et plus constructives (Ross-Hellauer et Horbach, 2024).
L’évaluation ouverte peut accroître la reconnaissance du temps et des efforts que les chercheurs consacrent à l’évaluation par les pairs. On estime que les chercheurs du monde entier consacrent plus de 100 millions d’heures par année à l’évaluation par les pairs, ce qui représente une valeur monétaire estimée à plus d’un milliard de dollars américains (Aczel et al., 2021). Avec l’augmentation du nombre de soumissions aux revues, en raison de la pression de publier (Hanson et al., 2024) et des progrès des technologies d’intelligence artificielle, ces chiffres sont susceptibles de croître. Par conséquent, l’évaluation ouverte permet aux chercheurs de valoriser leurs contributions aux revues de leur domaine et d’être reconnus pour leur expertise et leur esprit de collaboration. Cependant, ces formes de publication ne sont actuellement pas valorisées dans la plupart des processus d’évaluation de la recherche, malgré leur contribution à la science ouverte et aux domaines de recherche. Ce manque de reconnaissance a été identifié comme l’un des principaux obstacles à l’adoption de l’évaluation ouverte dans le rapport « Charting New Paths: The Promise of Alternative Publishing Practices ».
Parmi ses limites, l’impact de l’évaluation ouverte sur les citations d’articles nécessite des recherches supplémentaires. Par exemple, malgré l’étude Publons mentionnée précédemment, Ni et al. (2021) ont constaté que les articles ayant fait l’objet d’une évaluation ouverte dans la revue Nature Communications n’ont pas enregistré d’augmentation du nombre de citations par rapport à ceux ayant fait l’objet d’une évaluation par les pairs traditionnelle. En revanche, Wei et al. (2023) ont observé une augmentation modérée des citations pour les articles ayant fait l’objet d’une évaluation ouverte dans PLOS One, mais cette augmentation dépendait de la base de données utilisée pour le suivi des citations. Les articles publiés avec une évaluation ouverte ont vu leur nombre de citations augmenter sur Google Scholar et Dimensions, mais pas sur Scopus ni Web of Science. Bien qu’il n’y ait pas d’impact positif évident sur les citations, Wei et al. (2023) ont constaté que les articles publiés avec une évaluation ouverte bénéficiaient d’un nombre plus élevé de vues, de téléchargements et de partages sur le Web, ce qui accroît leur visibilité. Une prépublication a également montré que les articles publiés dans PLOS One avec OPR étaient moins susceptibles d’être rétractés (Barnett & Spick, 2026). Par conséquent, l’évaluation ouverte préserve la transparence et les normes scientifiques traditionnelles tout en rejoignant un public plus large.
Une autre limite réside dans le fait que les chercheurs principaux et les chercheurs masculins sont plus enclins à révéler leur identité lorsqu’ils rédigent des rapports ouverts (Ross-Hellauer et Horbach, 2024), ce qui peut réduire le potentiel de l’évaluation ouverte pour rendre le processus d’évaluation par les pairs plus équitable et inclusif. Cependant, d’autres facteurs démographiques (comme l’origine géographique, ethnique ou linguistique) n’influencent pas la probabilité de réaliser des évaluations ouvertes en révélant son identité (Ross-Hellauer et Horbach, 2024).
De façon générale, un nombre croissant, mais non concluant, de données probantes démontrent les impacts et les avantages de l’évaluation ouverte. Les rapports ouverts, en particulier, semblent offrir les plus grands avantages, même s’ils n’entraînent pas nécessairement une augmentation des citations. La question de l’identité ouverte est un aspect plus controversé de l’évaluation ouverte, mais différentes initiatives, dont PREreview, explorent des alternatives, comme le caractère facultatif de la divulgation d’identité ou la mise en œuvre de pseudonymes traçables pour l’ensemble des évaluations afin de protéger les évaluateurs des répercussions négatives liées à leurs travaux. Bien que l’évaluation ouverte ne puissent à elles seules résoudre tous les problèmes de l’édition scientifique, il s’agit d’un modèle qu’il convient d’explorer en fonction des besoins, des ressources et du contexte de chaque revue.
Avertissement : Alan Colin-Arce fait partie de la promotion 2026 des champions de PREreview.
Notes
¹ Le modèle de publication d’eLife a suscité des réactions négatives de la part de Clarivate, le Web of Science ayant retiré le facteur d’impact de la revue parce que son processus d’évaluation par les pairs ne satisfaisait pas à ses critères (Brainard, 2024). En 2023, eLife a adopté un nouveau modèle de publication, baptisé « Publier, Évaluer, Curer », qui consiste à publier tous les articles ayant fait l’objet d’une évaluation par les pairs (et à rendre les rapports publics), même en cas d’évaluations défavorables. Ce cas illustre comment les modèles d’évaluation alternatifs peuvent susciter la méfiance des parties prenantes.
Références
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